Le portrait professionnel

"Je vous dévoile : comment faire un portrait photo professionnel. Je vous donne également les clés, pour amadouer son image avant une séance photos ? "
Franck Jonville
Photographe

Pour vous, j’ai créé ce tutoriel assez complet pour décrire une prestation de photographe. C’était pendant le confinement donc en mode auto-portrait. Si l’exemple ci-contre détaille un travail personnel, j’use de la même approche pour mes clients.

Temps de lecture de cet article : plus ou moins 8 minutes

1 – Objectif de communication, style et scénarisation de la photo

J’ai un site internet qui expose bien ma démarche photographique, mais je n’apparais nul part : je vais donc corriger le tir, en m’affichant pour une meilleure communication.

Le style de la photo : une photo corporate vivante aux couleurs réalistes, le personnage n’est pas obligatoirement le sujet principal, il peut être en action, bouger, dans une ambiance de travail. Le ressenti général de la photo devra exprimer : sympathie, confiance et compétences.

Scénarisation de la photo :

En premier plan : un peu dans l’ombre, un personnage (je) mi-souriant, nous regarde (un contact se fait), il est en train de feuilleter un livre (en action donc), sa posture est ouverte (¾ face).

En second plan : un écran bien éclairé affiche le résultat de séances photos réalisées (portraits corporate) où s’affichent une femme et un homme (la parité oblige, ce sont eux le vrai sujet de la photo). Je dois trouver plusieurs accessoires photos à intégrer dans la scène et qui évoquent mon métier de photographe.

Après la scénarisation du visuel, je dessine un croquis rapide, qui va me servir de base de travail

2 – Le cadrage et le choix des éléments de la photo

Le cadrage de la photo doit correspondre à un plan taille (pour le personnage) afin d’entrer dans l’intimité de la scène. En plongée (l’angle de prise de vue) pour une lisibilité des éléments sur la table de travail et donner du volume à la photo. Dans cette image, plusieurs éléments doivent rappeler le contexte métier de photographe : la cellule pour la gestion de la lumière, la charte couleur pour une bonne colorimétrie, le livre pour l’édition et les différents écrans pour symboliser le temps de post production.

3 – Les contraintes techniques

Il est indispensable de connaître le lieu du shooting photos. De vérifier la position du soleil entrant dans les pièces à l’heure de la prise de vues, ainsi que les différentes sources de lumière. Je me déplace toujours pour un repérage sur place, une fois le bon de commande validé par le client.

Les contraintes :

  • Je prévois de photographier plusieurs variantes autour de la scène imaginée, pour être utilisée dans différents contextes : mon site, un article Linkedin. Facebook, Instagram…
  • L’affichage des visuels sur les écrans d’ordinateur devra être impeccable. J’ai opté pour l’intégration de copies d’écrans numériques en post production : c’est certainement la solution la plus précise et rapide.
  • Je dois éviter l’éclairage direct pour ne pas créer des reflets sur : le livre, les écrans et laisser le personnage un peu dans l’ombre.

4 – Le plan d'éclairage

L’ambiance lumineuse doit être structurée par des ombres plutôt douces.

Quand on photographie une scène, on gère le plus souvent une lumière principale (naturelle : le soleil ou artificielle : lampe ou flash) et des lumières secondaires afin de déboucher les ombres et dessiner les formes. On prévoit donc un plan d’éclairage de la scène photographiée (souvent croquis rapides), qui peut varier en fonction des impondérables du métier : météo, et changements d’organisation du client… nous nous adaptons.

Voici la scène à photographier et le plan d’éclairage.

J’ai un beau plan de travail qui court sur 2,50 m le long d’un mur et sous une fenêtre. Je ne pouvais pas installer un éclairage direct, sans la création d’ombres très contrastées, disgracieuses, contre le mur et les écrans (5) . J’ai donc installé un flash de studio puissant (1) qui, dirigé vers le plafond, va inonder de lumière la scène par réflexion. Cet éclairage est renforcé par des leds intégrés au plafond (4) dirigés vers mon livre et derrière moi. Un grand réflecteur (3) a servi à boucher la lumière de la fenêtre (pour éviter les reflets) et me renvoyer un peu d’éclairage aussi par réflexion. L’appareil photo (2) est calé sur pieds et déclenche le flash à l’aide d’une cellule monté sur le sabot du reflex.

5 – Et mon look pour la séance ? Je garde mes lunettes ? Je souris ? Je pars sur une photo noir et blanc ou couleur ?

Voici le résultat d’une étude réalisée par Photofeeler : comment présenter votre profil photo pour les réseaux sociaux. Ici nous parlons d’un portrait professionnel donc c’est un peu différent, mais c’est bon à savoir.

L’étude comprend trois critères perçus : la compétence, la sympathie et l’influence. Je ne peux juger du sérieux de cette démarche, mais le résultat ressemble à du bon sens.

En résumé : si vous fermez les yeux, on ne vous reconnaîtra pas ! Je plaisante.

Vous portez des lunettes de vue, vous faîtes du squinching (sans lunettes, léger plissement des yeux à la Laurent Delahousse, le journaliste) et si vous arborez un sourire visible et montrez un peu les dents, vous aurez toute la sympathie des réseaux sociaux. En revanche le choix de la couleur ou du noir et blanc, l’arrière-plan de la photo, importent peu. Un cadrage trop serré, une photo trop sombre ou saturée à l’excès n’est pas recommandé.

Vous trouverez le lien vers l’intégralité de l’étude en fin d’article.

6 – Le shooting et la gestion du portrait corporate

Il y a deux façons de prendre en photo cette scène intérieure (temps nuageux) avec écrans et personnage : en lumière continue ou au flash (avec synchro lente ou pas). L’appareil est calé sur pieds ce qui nous permet des vitesses plus lentes.

En lumière continue. J’utilise la lumière de la lampe pilote du flash de studio sans déclencher le flash, il nous faut un temps de pose plus long, l’appareil calé sur un trépied photo.

J’ai utilisé ce réglage pour tester une scène dynamique ou le personnage tourne les pages du livre, créant un flou esthétique (vitesse 1/20 s) pour illustrer l’article.

Je n’ai pas retenu cette photo que je trouve au final un peu chargée pour mon site.

En lumière avec un flash. Dans cette situation, j’utilise donc le flash de studio par réflexion, avec suffisamment de lumière pour éclaircir la scène globale. J’ai aussi placé un led d’appoint pour créer une lumière supplémentaire visible sur le bureau.

Ce réglage est retenu pour la version définitive de la photo sur mon site, que je trouve plus dynamique, avec un angle de prise de vues un peu différent.

Il a fallu donc : monter le matériel, tester les lumières, faire la balance des blancs, mémoriser la charte graphique (gestion couleur de la poste production), régler en mode manuel l’appareil photo, penser aux attitudes du personnage et sa présentation, positions dans l’image…

7 - Comment amadouer son image

Un portrait est avant tout une collaboration, entre le photographe et la personne photographiée (dirigeants, cadres, salarié.es, entrepreneurs…) qui se rencontrent souvent pour la première fois. La réussite d’une photo dépend donc de cette furtive entrevue.

Rôle du photographe :

Créer une ambiance, guider la personne avec patience et bienveillance dans les différentes poses et attitudes qu’elles auront organisées ensemble. Prendre en compte un cahier des charges personnel ou imposé par une charte d’entreprise. L’œil et le goût du photographe sont déterminants. Vous pouvez vous reposer sur ses compétences.

La disposition d’esprit :

Faîtes de cette séance photos un amusement plutôt qu’une obligation. Nous n’avons pas tous le même rapport à notre propre image, cela s’apprend, fini par se gérer avec un peu d’apprentissage. Pas de panique, c’est aussi un moyen de se redécouvrir, de se rappeler que le corps et l’esprit sont liés. Sourire avec le cœur vous rend plus attrayant.e et renforce votre personnalité. L’image que l’on attend de notre collaboration : c’est avant tout un état d’esprit, une énergie, les yeux qui pétillent. Si votre actualité personnelle est mouvementée, soyez indulgent.e avec vous-même, chouchoutez-vous pour regagner l’estime que vous méritez.

Avant la séance, je conseille si possible :

  • De prendre le temps, la veille, de passer trois minutes devant la glace pour tester regards, expressions et sourires,
  • De choisir une tenue dans laquelle vous êtes à l’aise, en adéquation avec votre activité et contexte métier, attention aux rayures, aux couleurs et leurs accords, nous rappelons ces consignes avant la séance, question stylisme, si vous hésitez, nous vous conseillerons,
  • Il est important de commencer une séance avec des tenues bien repassées, quitte si possible à utiliser deux tenues, une en réserve pendue sur un cintre (au moins la chemise) et s’habiller en dernière minute,
  • De s’apprêter un minimum : coiffure et maquillage léger pour les femmes, pour les hommes aussi il arrive aussi de faire un léger make-up pour éviter les brillances de la peau. 
  • Je vous conseille aussi et surtout de bien dormir la veille de la séance.

8 – La post-production d'une séance photos

Ce sont les différentes étapes que constituent, la sélection photos, les chromies, les retouches, l’exportation et le livrable. La séance photos est finie pour vous, pour le photographe, il reste encore très souvent la moitié du travail à réaliser.

Pour survoler cette partie importante mais longue, on peut résumer ainsi les différentes actions à mener :

  • Un gros transfert de fichiers assez gourmands en mémoire vive et capacité de stockage (25mo le fichier Raw en A3) multiplié par le nombre de prises de vues,
  • Un travail de tri pour une sélection proposée au client avant retouches
  • Puis viendra les retouches (et ses améliorations souhaitées) : les chromies, contrastes, températures de couleur, retouches peau (si personnages) et intégrations (ici intégration des deux copies d’écran),
  • Puis l’exportation des photos, selon la taille finale utilisée et le ou les supports d’exploitation des images par le client.

9 - La retouche photo : un élixir de jeunesse ?

Sans entrer dans le dictat de la photo de beauté vue dans la presse, toute photo corporate mérite un minimum de retouches (cernes et peau). Si un make-up photo a été réalisé, la retouche peau est plus rapide mais inévitable. L’important, c’est de garder le naturel d’un visage, la retouche doit être à peine visible tout en gratifiant le portrait d’un petit élixir de jeunesse.

J’ai utilisé mes propres photos pour décrire ces quelques exemples de retouches peau inavouables.

Voici la retouche personnage avant et après

 

Voici un des visuels avant l’intégration des copies d’écran

Voici la version définitive retouchée

10 - Le format définitif des photos et leur exportation

Si vous baignez dans le milieu de l’image, cette partie simplifiée, va vous paraître futile, j’en suis désolé et je vous remercie d’avoir lu jusqu’ici cet article.
Pour les courageux qui décident de poursuivre, c’est une base de connaissances nécessaire en communication.

Une photo numérique est constituée de points appelés pixels. C’est l’unité de base permettant de mesurer la définition d’une image. Chaque fichier photo détient un profil couleur intégré plus ou moins riche d’informations selon s’il est codé en 8, 16, ou 24 bits. Ce profil (que l’on peut changer ou supprimer) sert à la bonne interprétation des couleurs en fonction des différents supports de diffusion que nous utilisons tous (écrans d’ordinateur, navigateur web, portables, tablettes, impression et tirages photos) On cite ces profils couleur : sRVB, Adobe98, ProPhoto, … plus d’autres formats de profils imprimeurs… CMJN,

On exprime la dimension d’une photo (dans un rapport largeur et hauteur), en pixel pour le web et en millimètre et centimètre pour ce qui concerne l’édition et les tirages papier ? Les formats d’exportations s’appelent Jpg, Png, Gif pour le web et Jpg, Tiff, Eps, Pict… Principalement utilisés pour la presse et l’impression, Raw (NEF, PNG..) et Jpg pour la photographie, plus un nombre incalculable d’autres formats logiciels. Ils terminent le nom de vos fichiers ex : « mon_fichier.jpg »

Quelle est la réelle différence entre tous ces formats ? Pour simplifier : leur interprétation et surtout leur contenu plus ou moins riches d’informations couleurs.

Vient ensuite la résolution ou la définition d’une image, c’est le nombre de pixels par pouce qu’elle contient (1 pouce = 2.54 centimètres), elle est exprimée en PPP ou DPI. Elle varie en fonction des besoins des supports d’exploitation et l’utilisation de celle-ci. La résolution d’images sur le web tourne habituellement entre 72 et 94 dpi (même si cet habitude est remise en question aujourd’hui) en 150 dpi pour une impression papier bureautique correcte à la maison, en 240 – 300 dpi pour des travaux chez votre imprimeur, des tirages au labo photo ou en impression fine-art chez vous.

Puis pour faire simple, il faut savoir qu’une même photo peux être utilisée dans deux espaces ou modes colorimétriques différents. Une photo prise avec votre portable ou reflex est traduite en RVB (rouge vert bleu, que l’on appelle la synthèse additive, la superposition de toutes ces couleurs donnent un blanc) on l’utilise dans l’espace numérique et vidéo. On trouve aussi le CMJN (cyan magenta jaune noir, que l’on appelle la synthèse soustractive, l’addition de ces couleurs donnent un noir) on l’utilise pour des fichiers destinés au monde de la presse et de l’imprimerie.

Vous l’avez maintenant compris. Si votre agence de communication, votre webmaster, votre graphiste… vous demandent un format de fichier particulier pour une utilisation précise, vous saurez à quoi cela correspond.

Si vous désirez, laissez un commentaire, approfondir le débat, posez des questions ? Un formulaire en bas de page vous y attend.

A très bientôt

Franck

Comme promis, voici le lien vers l’étude réalisée par Photofeeler : cliquez ici  et double cliquez sur le visuel

Pour visiter mon portfolio corporate : c’est ici 

Et mon portfolio de portraits : c’est par là

Mes remerciements à Christine et Emmanuel qui m’ont autorisé à utiliser leur photo issue d’une séance corporate.

Copyright Franck Jonville

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